Cette année encore, je passe les mois d’été dans le sud de la France, où je profite de la compagnie de nos deux chats, Mustache et Fanfan.
Depuis des semaines, la chaleur est intense et la sécheresse exceptionnelle. Avec la chaleur sont apparus des insectes ressemblant à des guêpes, qui se jetaient avec insistance sur la nourriture des chats. À peine déposais-je leurs gamelles qu’ils étaient déjà là. Les chats étaient tellement importunés qu’ils ne pouvaient presque plus manger tranquillement.
Désespérée, j’ai fini par commander un piège à insectes. Son principe était simple : de l’eau mélangée à du miel attirait les insectes. Ils entraient dans le piège, ne retrouvaient plus la sortie et finissaient par se noyer.
Lorsque j’ai installé le piège, je ne me sentais pas bien. Pourtant, la santé de mes chats me semblait prioritaire.
Le lendemain déjà, j’y ai trouvé deux insectes morts. Pendant que j’observais le piège, un troisième y est entré. Deux heures plus tard, il était toujours vivant. Sans relâche, il luttait pour sa vie, cherchant une issue… qui n’existait pas. Cette scène m’a profondément touchée.
Je n’ai plus supporté de le regarder mourir. J’ai donc ouvert le piège. Non pas parce que j’étais certaine de faire juste, mais parce que c’était ce qui me semblait juste à cet instant.
L’insecte est sorti, s’est posé un moment sur le mur, puis s’est envolé.
Plus tard, j’ai appris que de nombreux insectes sociaux communiquent grâce aux phéromones. Ils signalent non seulement les sources de nourriture, mais avertissent aussi leurs congénères des dangers. Pour transmettre un tel message, un insecte doit survivre et retourner vers sa colonie.
Je ne saurai sans doute jamais si c’est ce qui s’est passé. Une chose est certaine : à partir de ce jour-là, les insectes ont disparu et mes chats ont pu manger en paix.
Je pense que mes nombreuses années d'expérience avec la méthode Tellington m'ont aussi influencée dans cette situation, peut-être sans même que je m'en rende compte. Au lieu de juger trop vite le comportement de ces insectes, je me suis mise à observer avec davantage d'attention : qu'est-ce qui animait cet être vivant ? De quoi avait-il besoin ? Quelle pouvait être la cause de son comportement ?
Ce n'est qu'en voyant ce comportement non plus comme une agression, mais comme l'expression d'un instinct de survie, qu'une autre possibilité s'est présentée.
Observation. Empathie. Compréhension. Respect. Et la volonté d'essayer de nouvelles approches.
Très souvent, une question m'accompagne :
« Quelle histoire cet être vivant me raconte-t-il à travers son comportement ? »
Un article de Lisa Leicht

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